Les producteurs agricoles québécois, piliers de la lutte environnementale

En tant que stratège de l’action climatique chez Logiag, je suis constamment à la recherche de manifestations concrètes de l’interaction entre la pratique de l’agriculture et la crise climatique. Un pilier de notre stratégie est la conviction que les producteurs et productrices, directement affectés par les changements climatiques, sont des acteurs déterminants dans cette lutte.

Récemment, deux sondages canadiens, une étude américaine et les résultats d’un concours international ont attiré mon attention et renforcé ma certitude que l’agriculture, bien que parfois perçue comme une partie du problème, est véritablement au cœur de la solution.

Le changement climatique : le défi majeur du secteur agricole pour la prochaine décennie

Un sondage Leger réalisé en 2024 pour Fermiers pour la Transition Climatique révèle que les propriétaires d’exploitations agricoles canadiennes sont profondément inquiets pour leur avenir sous l’ombre du changement climatique.

Lorsqu’on leur a demandé, au tout début de l’enquête, de répondre à une question ouverte sur le principal défi auquel le secteur agricole sera confronté au cours de la prochaine décennie, le changement climatique est arrivé en tête des réponses, en particulier au Québec.

La grande majorité des répondants et des répondantes affirme être affectée par les événements climatiques extrêmes et anticipe des conséquences sévères sur leurs revenus et leur bien-être mental. Contrairement au grand public, ils perçoivent le changement climatique non comme une menace lointaine, mais comme un danger concret et actuel. Cependant, les producteurs et les productrices se considèrent aussi comme des gardiens de l’environnement, désireux d’améliorer leurs méthodes et de renforcer la résilience de leurs exploitations.

50 % d’adoption de pratiques durables au Québec

D’après le Portrait des pratiques d’agriculture durable des fermes du Québec (2022) publié en 2024 par l’Union des producteurs agricoles, certaines pratiques d’agriculture durable sont utilisées sur au moins la moitié des terres cultivées au Québec. Des techniques cruciales telles que la rotation des cultures, le contrôle écologique des ennemis des cultures, et la préservation de la biodiversité, par exemple.

Ce taux d’adoption illustre un engagement profond pour une vision où l’agriculture est intégrée dans la santé globale de notre planète, et une opportunité de généralisation accrue de ces pratiques.

L’agriculture pourrait inverser les émissions de gaz à effet de serre

Un rapport de 2024 du U.S. Farmers and Ranchers in Action souligne le potentiel remarquable de l’agriculture non seulement pour réduire, mais potentiellement inverser les émissions de gaz à effet de serre.

Un scénario dans lequel 75 % des terres agricoles adopteraient des pratiques d’agriculture régénératrice pourrait faire du secteur une source d’émissions négatives de gaz à effet de serre, retirant davantage de gaz à effet de serre de l’atmosphère qu’il n’en émet, tout en améliorant la productivité des exploitations.

Ce potentiel est également souligné par les résultats du XPrize Carbon Removal Challenge, la compétition internationale ayant offert la plus importante dotation de l’histoire. Les techniques agricoles ont dominé l’événement, remportant les principales récompenses, prouvant leur efficacité dans la capture de CO2 atmosphérique.

Conclusion

Les agriculteurs et agricultrices du Québec sont en première ligne dans la transition vers une agriculture durable et résiliente, face aux impacts du changement climatique. Leur rôle va bien au-delà de la production alimentaire; ils sont de véritables agents de changement environnemental.

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